Dog Rising

Corps célestes lancés en orbite, vibrant dans un rituel lascif et hypnotique, Dog Rising imite le courant de la vie, la circulation de la matière. D’impulsions primaires à une gestuelle parfois sexuelle parfois mécanique, la nouvelle création de Clara Furey se construit comme une polyphonie où les corps pulsent, parfois à l’unisson parfois en dissonance. La chorégraphe poursuit sa démarche inspirée par les phénomènes physiques entamée avec Cosmic Love, s’attarde au voyage des vibrations du son dans les os, à l’absorption des chocs par notre squelette, à l’écoute profonde de la pleine présence à travers laquelle le corps communique.

Comme point de départ d’une recherche physique, la chorégraphe s’est intéressée à la notion de conduction osseuse, une manière d’entendre à travers la résonance des os, faits en spirale pour faire voyager le son. Elle a imaginé que les chocs vibratoires ne nous brisent pas mais nous renforcent. Plutôt que de dramatiser le choc, de le vivre de notre point de vue d’humains émotifs, est née l’envie de l’imaginer comme ce dont notre squelette a besoin pour survivre. Dog Rising ouvre la porte à un plaisir spontané, passant par des pulsations, des chocs qui mettent dans un certain état qui permet à l’émotion de fluctuer comme une vague. Ce n’est ni narratif, ni dramatique, mais dans la sensation pure qui n’est pas neutralisée que se déroule la pièce.

Nous percevons une accumulation d’énergie comme des instruments de musique qui entrent en scène un par un. Cette pièce est musicale et joue sur la synchronisation ou l’absence d’unisson, la dissonance et les frottements. Les notions de persistance et de plaisir génèrent toutes sortes de questions : comment notre machine personnelle marche et peut se régénérer elle-même ? Comment ne pas épuiser les ressources mais en redonner ? Comment générer soi-même de l’énergie et s’appuyer les uns sur les autres pour que ça nous revienne ? L’idée du renouvellement, d’une énergie déployée pour édifier, dans le plaisir plutôt que dans la souffrance, est centrale dans le travail. Les ressources ne sont pas épuisables si elles sont utilisées de la bonne façon.

La chorégraphe s’intéresse à la notion de thérapie et de care en art. Elle pratique la danse pour apprendre à écouter d’une certaine façon, pas juste socialement mais aussi avec les corps. Écouter ce qu’ils ont à dire, leur vécu. On ne peut pas savoir ce qu’il y a dans nos angles morts, mais elle a eu envie d’aller chercher les vibrations du squelette, les ultrasons, dans une sorte d’échographie qui permet de voir les os avec le son, de voir dans le noir afin de découvrir une autre façon de voir.

Sur scène, avec Winnie Ho et Be Heintzman Hope, Furey construit une architecture du plaisir. L’empathie et l’écoute attentive des besoins du corps et des autres nourrissent ce trio habité, qui travaille le mouvement dans la durée, la persistance, cherchant à libérer les tensions en insistant sur la répétition de boucles à l’infini. Dog Rising invite à un voyage physique extrême, une spirale envoutante, lancinante, pénétrante. Une invitation à bâtir et régénérer la force physique à partir des chocs, de l’inconfort muté en joie.

 

Conception et Direction artistique : Clara Furey
Chorégraphie : Clara Furey en collaboration avec Be Heintzman Hope, Winnie Ho
Interprétation : Clara Furey, Be Heintzman Hope, Winnie Ho
Interprète à la recherche et assistant : Brian Mendez
Répétitrice : Lucie Vigneault
Composition musicale : Tomas Furey
Direction technique et conception lumière : Karine Gauthier
Mots : Coral Short
Regards extérieurs : Peter Jasko, Dana Michel, Christopher Willes, Caroline Monnet
Diffusion internationale : A Propic – Line Rousseau & Marion Gauvent
Production : Clara Furey
Production déléguée : Par B.L.eux
Coproduction : Atelier de Paris – CDCN (France), CD Spectacles (Gaspé, Canada), Centre Chorégraphique National d’Orléans – Direction Maud le Pladec (France), Festival TransAmériques (Montréal, Canada), La Briqueterie – Centre de Développement Chorégraphique National du Val-de-Marne (Vitry-sur-Seine, France), La Rotonde (Québec, Canada)
Partenaires et soutiens à la création : Par B.L.eux (Montréal, Canada), L’Écart – Art Actuel (Rouyn-Noranda, Canada), Danse à la Carte (Montréal, Canada)
La création de cette œuvre est rendue possible grâce à l’appui financier du Conseil des Arts du Canada, Conseil des Arts et des Lettres du Québec, Conseil des Arts de Montréal

 

 

Première présentée le 26 mai 2021 à l’Espace Danse de l’édifice Wilder (Montréal, Canada) dans le cadre de la programmation du Festival TransAmériques.